Licence · Physique

Optique ondulatoire

La lumière est une onde électromagnétique transversale. L'optique ondulatoire révèle les phénomènes — interférences, diffraction, polarisation — inaccessibles au modèle des rayons lumineux.

1 · Bases & Young 2 · Lames & Michelson 3 · Fabry-Pérot & Réseaux
Table des matières — Page 1
  1. Nature ondulatoire de la lumière
  2. Cohérence et sources lumineuses
  3. Conditions d'interférences
  4. Fentes d'Young
  5. Trous d'Young
  6. Biprisme de Fresnel

1. Nature ondulatoire de la lumière

La lumière est une onde électromagnétique transversale se propageant dans le vide à $c \approx 3{,}00 \times 10^8\ \text{m/s}$. Elle est caractérisée par sa longueur d'onde $\lambda_0$ et sa fréquence $\nu$, liées par :

Relation fondamentale
$$c = \lambda_0\,\nu$$
$\lambda_0$ en mètres · $\nu$ en hertz · $c \approx 3{,}00\times10^8\ \text{m/s}$

Dans un milieu d'indice $n$, la lumière se propage à $v = c/n$ avec une longueur d'onde réduite $\lambda = \lambda_0/n$. La fréquence reste inchangée lors d'un changement de milieu. L'expression d'une onde plane monochromatique progressive est :

Onde plane monochromatique progressive
$$s(x,t)=A\cos\!\bigl(\omega t - kx + \varphi_0\bigr)$$
$\omega=2\pi\nu$ : pulsation (rad/s) · $k=2\pi/\lambda$ : vecteur d'onde (rad/m) · $A$ : amplitude · $\varphi_0$ : phase initiale
Spectre visible
Violet$\lambda_0 \approx 380 – 430\ \text{nm}$
Bleu$\lambda_0 \approx 430 – 490\ \text{nm}$
Vert$\lambda_0 \approx 490 – 565\ \text{nm}$
Jaune / Orange$\lambda_0 \approx 565 – 625\ \text{nm}$
Rouge$\lambda_0 \approx 625 – 780\ \text{nm}$

Animation — Onde plane progressive

Visualisez comment la phase se propage en fonction du temps et de la longueur d'onde.

520 nm
4

2. Cohérence et sources lumineuses

Pour observer des interférences stables, les ondes doivent entretenir une relation de phase constante dans le temps : elles sont dites cohérentes.

Cohérence temporelle

Caractérisée par la longueur de cohérence $L_c = c\,\tau_c$ (avec $\tau_c$ le temps de cohérence). Deux ondes issues de la même source n'interfèrent de façon visible que si leur différence de marche $\delta < L_c$. Une source monochromatique parfaite aurait $L_c = \infty$.

Cohérence spatiale

Une source étendue produit des ondes incohérentes entre points distincts. On limite la taille angulaire de la source (fente fine, diaphragme) pour garantir la cohérence spatiale sur la zone d'interférence.

Longueurs de cohérence typiques
Lumière blanche$L_c \approx 1\ \mu\text{m}$ (quelques longueurs d'onde)
Lampe vapeur de mercure filtrée$L_c \approx 2 – 5\ \text{cm}$
Laser He-Ne multimode$L_c \approx 20\ \text{cm}$
Laser He-Ne monomode stabilisé$L_c \approx 10\ \text{m}$ à plusieurs centaines de mètres
Lien avec la largeur spectrale

La cohérence temporelle est d'autant meilleure que la source est monochromatique : $L_c \approx \lambda_0^2 / \Delta\lambda$, où $\Delta\lambda$ est la largeur spectrale de la source.

3. Conditions d'interférences

En un point M où se superposent deux ondes cohérentes d'amplitudes égales, l'intensité résultante dépend du déphasage $\Delta\varphi$ lié à la différence de marche $\delta$ :

Intensité résultante — deux ondes de même amplitude
$$I = 4I_0\cos^2\!\!\left(\frac{\Delta\varphi}{2}\right) = 2I_0\!\left(1+\cos\Delta\varphi\right)$$
Déphasage et différence de marche
$$\Delta\varphi = \frac{2\pi}{\lambda_0}\,\delta$$
Conditions
Constructives (frange brillante)$\delta = p\lambda_0$, $p\in\mathbb{Z}$  →  $I = 4I_0$
Destructives (frange sombre)$\delta = (p+\tfrac{1}{2})\lambda_0$  →  $I = 0$

Animation — Intensité interférométrique

Faites varier $\delta$ et observez la figure d'interférences en temps réel.

0 nm
550 nm
I = 4 I₀
Interférences constructives — ordre 0

4. Fentes d'Young

Le dispositif de Thomas Young (1801) est le dispositif de référence en optique ondulatoire. Deux fentes parallèles $S_1$ et $S_2$, séparées d'une distance $a$, sont éclairées par une source cohérente. Sur un écran à distance $D \gg a$, on observe une figure de franges périodiques.

Différence de marche — approximation paraxiale
$$\delta(x) = \frac{a\,x}{D}$$
$a$ : écartement des fentes · $D$ : distance fentes–écran · $x$ : position sur l'écran (axe centré sur l'axe optique)
Interfrange
$$i = \frac{\lambda_0\,D}{a}$$
Les franges brillantes sont aux positions $x_p = p\,i$, les franges sombres à $x_p = (p+\tfrac{1}{2})\,i$
Exemple numérique

$a = 0{,}5\ \text{mm}$, $D = 1{,}5\ \text{m}$, $\lambda_0 = 550\ \text{nm}$ (vert) :

$$i = \frac{550\times10^{-9}\times 1{,}5}{0{,}5\times10^{-3}} = 1{,}65\ \text{mm}$$

Animation — Fentes d'Young (figure de franges)

Ajustez les paramètres pour observer la figure d'interférences sur l'écran.

0.50 mm
150 cm
550 nm
1.65 mm
Interfrange $i$
Franges visibles (±7.5 mm)

5. Trous d'Young

La version originale de l'expérience de Young utilisait deux trous circulaires (et non des fentes). Chaque trou se comporte comme une source ponctuelle par diffraction. La figure d'interférences est alors bidimensionnelle : sur l'écran, on obtient des hyperboles (iso-déphasage), dont on ne voit qu'une frange centrale en pratique. En plus des franges d'interférences, la figure est modulée par la tache de diffraction liée à la taille finie de chaque trou.

Différence — fentes vs trous

Avec des fentes : extension infinie selon $y$, franges rectilignes. Avec des trous : chaque source est ponctuelle, la figure est 2D. La différence de marche reste $\delta = ax/D$ selon l'axe qui sépare les deux trous, mais la figure est enveloppée par la tache d'Airy de diffraction.

Animation — Trous d'Young (figure 2D)

La figure d'interférences circulaire tient compte de la diffraction par chaque trou.

0.8 mm
150 µm
520 nm
Interfrange (axe horizontal) : · Premier zéro de diffraction :

6. Biprisme de Fresnel

Le biprisme de Fresnel est un prisme à angle faible formé de deux prismes accolés base contre base. Une source ponctuelle $S$ éclaire le biprisme qui, par réfraction, crée deux images virtuelles $S_1$ et $S_2$ cohérentes servant de sources secondaires.

Géométrie et écartement des sources virtuelles

Pour un prisme d'angle au sommet $A$ (petit), d'indice $n$, placé à une distance $d$ de la source, les deux images virtuelles sont séparées de :

Écartement des sources virtuelles
$$a = 2\,d\,(n-1)\,A$$
$d$ : distance source–biprisme · $n$ : indice du verre · $A$ : demi-angle du biprisme (rad)

Une fois les sources virtuelles $S_1S_2$ connues, la figure d'interférences sur l'écran est identique à celle des fentes d'Young, avec le même interfrange $i = \lambda_0 D / a$ ($D$ = distance $S_1S_2$–écran).

Avantage pratique

Le biprisme réalise la division du front d'onde sans avoir à percer physiquement deux fentes dans un écran opaque. L'intensité lumineuse disponible est bien supérieure.

Animation — Biprisme de Fresnel

Schéma interactif du biprisme et figure de franges résultante.

2.0°
1.50
20 cm
100 cm
589 nm
Écartement $a$ des sources virtuelles
Interfrange $i$
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